Résumé
Les structures piquantes des plantes, communément interprétées comme des dispositifs défensifs contre l’herbivorie, présentent une diversité morphologique et positionnelle suggérant des origines et des fonctions multiples. Leur distribution ontogénétique et architecturale indique que leur efficacité, préalablement proposée, défensive demeure discutable. Les observations morpho-écologiques suggèrent que ces structures pourraient jouer des rôles multifonctionnels : rigidification du limbe foliaire, captation de matière organique et d’eau, régulation microclimatique, coalescence et écoulement de l’eau, colonisation de l’espace pour l’accès à la lumière et modulation des contraintes abiotiques. Dans ce contexte, les épines pourraient s’intégrer dans un ensemble de fonctions écologiques atténuant le compromis allocationnel croissance–défense. Cet article ne vise pas à démontrer expérimentalement une fonction unique des structures piquantes, mais à proposer, à partir d’exemples morphologiques et écologiques variés, un cadre interprétatif élargi susceptible de guider de futures investigations fonctionnelles.
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